C'est décidé ! Plus tard, vous serez journaliste, et vous aimeriez bien étudier ce beau métier dès le bac en poche. Qu'il s'agisse de travailler dans la presse écrite, sur le Web, à la radio ou à la télévision, les parcours d'études sont sensiblement les mêmes. Voici quelques informations pour s'y retrouver.

Quelles sont les formations les plus prisées ?

Pour devenir journaliste, on vous conseillera très vite de passer les concours des « écoles reconnues ». Cette appellation renvoie aux formations reconnues aussi bien par la profession (les journalistes) que par l'Etat. Il en existe 14 et possèdent quelques avantages notables : elles permettent d'acquérir un diplôme, ont des partenariats avec de grandes rédactions et ont meilleure réputation sur le marché du travail. Elles permettent aussi d'obtenir plus rapidement sa carte de presse. La plupart de ces écoles sont des masters accessibles à bac + 3, que nous évoquerons dans un autre article. Mais quatre établissements recrutent à la sortie du bac ou avant l'obtention d'une licence :
 - l'école de journalisme de Cannes (IUT Nice-Côte d'Azur), qui propose un DUT accessible à bac + 0 et une licence audiovisuelle à bac + 2
 - l'IUT de Lannion, qui recrute au niveau bac via APB
 - l'école publique de journalisme de Tours (EPJT), qui propose un DUT accessible à bac + 0 (mais l'inscription se fait hors APB) et une licence professionnelle à bac + 2
 - l'école de journalisme de Toulouse, accessible à partir d'un bac + 2 ou après avoir travaillé au moins deux ans en CDI après le bac.

Comment postuler aux trois écoles reconnues recrutant au niveau bac ?

L'école de journalisme de Cannes et l'IUT de Lannion proposent des DUT, nécessitant de s'inscrire via APB, à la différence de l'école de Tours, qui recrute en dehors d'admission post-bac. Pour celle-ci, rendez-vous sur le site de l'EPJT pour trouver les informations nécessaires à votre inscription au concours.

Ces trois établissements organisent leurs recrutements sur dossier à partir de vos relevés de notes des années précédentes, de vos résultats aux épreuves anticipées du baccalauréat en classe de première et d'une lettre de motivation. Les élèves sélectionnés devront ensuite passer un écrit, plus ou moins long, et un entretien de personnalité.

La sélection est drastique : pour plus de 1 200 candidatures, l'IUT de Cannes par exemple ne convoque que 200 étudiants aux examens. Chacun des trois établissements sélectionne en moyenne 28 étudiants chaque année pour intégrer son cursus . Et un tiers des effectifs environ ont d'ores et déjà une licence 1 ou 2 (qui doivent également postuler via APB). 

Quelles sont les épreuves et les critères de sélection ?

Futurs bacheliers, il n'y a toutefois aucune raison de ne pas tenter votre chance. D'abord, qui ne tente rien n'a rien. Ensuite, vous entrerez peut-être dans les profils recherchés par les écoles : un élève sérieux, dynamique, avec une bonne qualité d'expression et faisant preuve de personnalité. Et c'est dans la lettre de motivation que vous devrez montrer tout cela.

Sans être extravagant, soyez original et personnel. Evitez les formules bateau type « je veux être journaliste depuis toujours », « je veux faire du journalisme parce que j'aime voyager, j'adore l'actualité ». Parler de ses voyages, oui, mais à votre façon. Il faut donner envie aux examinateurs de  vous rencontrer, les rendre curieux en somme. Par ailleurs, si vous avez un blog, que vous avez écrit pour un journal lycéen, ou que vous avez déjà écrit ou filmé pour vous-même, n'hésitez pas à joindre vos productions à votre candidature APB. L'idée est que votre dossier ne ressemble à aucun autre et sorte du lot. Sans pour autant mentir : les examinateurs auront vite fait de vous questionner lors de l'entretien pour vérifier la véracité de votre lettre de motivation ou de vos productions.

Car une fois votre dossier sélectionné, il reste tout de même l'écrit et l'oral. Pendant deux heures, vous devrez plancher sur des QCM d'actualité, de culture générale et d'anglais, en plus d'une petite épreuve d'expression (rédaction d'un article à partir d'une dépêche, résumé ou courte dissertation sur un thème donné). Puis, le lendemain, vous devrez passer un oral où vous serez interrogé sur vos motivations et encore une fois sur votre connaissance de l'actualité.

Et cela se prépare ! Lire l'actualité dès février et rédiger des fiches mémo est fortement recommandé. Et ce, dans tout les domaines, pas seulement ceux que vous affectionnez. « Il ne faut pas être mono-source et varier les formats journalistiques. Regarder les JT, écouter la radio, lire la presse, et changer de titres surtout, conseille Nicolas Sourisce, directeur de l'Ecole publique de journalisme de Tours. Il faut essayer d'avoir un œil critique et d'être curieux, plus que de bachoter pour bachoter ».

Pendant l'oral, les examinateurs posent souvent des questions sur l'actualité chaude du matin ou de la veille. Restez donc perpétuellement sous intraveineuse d'actu, une fois votre dossier accepté.

Comment se passe le recrutement à l'école de Toulouse, au niveau bac+2 ?

Cette licence se différencie par un concours plus long, qui se déroule sur deux jours. Si vous y êtes candidat, il vous faudra passer huit épreuves : une épreuve de rédaction d'un article de trois à quatres feuillets (entre 4 500 et 6 000 signes) ; une épreuve de légendes de photographies d'actualité ; une épreuve de français ; un questionnaire d'actualité ; un questionnaire de culture générale ; une épreuve de reportage dans la ville de Toulouse sur un thème imposé ; une épreuve orale de langue ; un entretien de motivation. Comme pour les autres concours, suivre assidûment l'actualité sur les six derniers mois avant les épreuves est nécessaire.

Et si je n'ai pas ces écoles ?

 Pas de panique ! Vous pourrez y retenter votre chance après un bac+1 ou bac+2. Et sachez qu'il existe différentes voies pour entrer dans une rédaction, les plus prisées étant de réussir une école reconnue recrutant au niveau bac + 3. Pour vous y préparer, il y a la voie dite royale : le passage par Sciences Po ou un des neuf IEP (Institut d'études politiques) de province. Les sélections de ces écoles très prisées se font sur concours écrits et oraux quelques mois avant le bac, hors APB. Il faut se renseigner directement sur les sites des établissements pour connaître les modalités du concours. Ces derniers demandent une préparation sérieuse et certains étudiants passent d'abord par une année de prépa avant de les tenter.

Autre voie, nouvelle et plus facile : l'ESJ Lille (qui fait partie des 14 écoles reconnues par la profession recrutant à bac + 3) a ouvert à la rentrée 2014 son académie, qui permet à des étudiants inscrits dans une licence associée au sein des universités de Lille-I, Lille-II ou Lille-III de se préparer aux concours de niveau bac + 3. Ce cursus en trois ans est accessible après le bac (inscription en L1 sur APB et sur le site de l'ESJ Lille) ou après une première année de licence (inscription en L2 sur dossier). Un tiers des cours de la licence associée (droit, histoire, sciences politiques) sont dispensés à l'ESJ, avec une première année d'études théoriques des médias et de leur histoire, une seconde année un peu plus pratique avec des modules d'écriture et la découverte du travail en rédaction et une troisième année de préparation aux concours.

Enfin, sachez que beaucoup d'étudiants passent les concours des écoles de journalisme à bac+3 après une licence en histoire, en droit, en sciences politiques ou encore en langues. Ils peuvent aussi s'orienter vers un master universitaire spécialité journaliste.

Que penser des écoles reconnues ni par la profession, ni par l'Etat ?

D'autres écoles que celles mentionnées ci-dessus, privées, intègrent les étudiants à la sortie du baccalauréat, pour des cursus en deux ou trois ans. Elles organisent leurs recrutements sur dossier et/ou écrits et/ou oraux selon les établissements. Par ailleurs, le prix d'une année dans ce type d'école peut s'élever à 8 000 euros. Une somme conséquente, sachant qu'elles ne sont reconnues parfois ni par la profession, ni par l'Etat, ce qui signifie qu'elles ne sont pas habilitées à délivrer de diplôme.

Les concours d'entrée beaucoup moins drastiques que ceux des écoles reconnues et la tentation de se lancer dans les études de vos rêves, dès la sortie du bac, rendent ces établissement très attractifs. Prenez cependant le temps de vérifier si l'école vous permet d'accéder à un diplôme d'Etat et de quel niveau (bac + 1, bac + 2, licence, master), que les filières de communication et de journalisme sont bien distinctes et que le profil des enseignants semble sérieux.